Cela fait maintenant plus de deux ans que dure la crise requin à l'île de la Réunion.

Et cela fait plus de deux ans que notre association demande à l'État de mettre en place des mesures "réelles" de réduction du risque.

2 concepts s'affrontent dans la crise requin :

  1. L'enjeu c'est-à-dire les activités humaines
  2. L'aléa, c'est-à-dire le risque requin.

Pour sortir de cette situation de crise :

  • soit on réduit/supprime l'enjeu
  • soit on réduit/supprime le requin.

Bien évidemment, nul ne peut prétendre supprimer l'enjeu (enfin si, nos opposants le demande) ou l'aléa (personne ne souhaite un océan sans requin).

La solution est donc INTERMEDIAIRE : agir au niveau de l'enjeu, mais AUSSI au niveau de l'aléa.

OR DEPUIS 2 ANS TOUTES LES MESURES MISES EN OEUVRE PAR L'ETAT conseillé par les scientifiques ont concerné UNIQUEMENT l'enjeu. Car c'est la science qui conseille d'État français et comme il s'agit de la nature, ce sont uniquement des scientifiques biologistes qui ont conseillé l'État. Et pour eux, il est “HORS DE QUESTION" de toucher le moindre requin...

Cela fait deux ans que nous les croisons dans les réunions, et ils font des pieds et des mains en s'opposant systématiquement à tout projet de réduction des risques passant par la mort d'un requin. Ils se sont d'ailleurs alliés dans cette "cause" avec les extrémistes de la protection animale, dont ils sont devenus les partenaires affichés et les véritables héros.

Dernièrement, vous aurez pu lire dans le journal des propos d'une scientifique indiquant que "l'État désavoue les scientifiques" sous la pression des associations !?

Il faut être sacrément culotté voir malintentionnée pour avancer publiquement de tels propos !

Déjà, l'État n'a JAMAIS écouté des associations durant les deux ans de crise (sinon, nous en n'en serions pas dans cette situation catastrophique).

Alors pourquoi l'État a-t-il désavoué les scientifiques biologistes ??? Tout simplement par ce que ceux-ci ont sciemment conseillé l'État dans une mauvaise direction, comme l'indique clairement le bilan actuel, qui fait état d'une gestion CALAMITEUSE du risque requin à l'île de la Réunion.

En effet, c'est sur leurs "bons" conseils que depuis deux ans AUCUNE MESURE n'a été prise pour réduire l'aléa... depuis deux ans ils se sont opposés à tous les projets visant à réduire l'aléa, et encore aujourd'hui ils ne veulent pas revoir leur position malgré les morts !

Lorsque la science rime avec inconscience, on arrive à la situation aberrante de la fermeture d'un océan dans une île pour trois poissons avec les conséquences sociales, économiques, et humaines incommensurables ! De l'avis de plus en plus unanime des différents acteurs, nous nageons véritablement en plein délire...

Pour ceux qui sont le terrain et pour de plus en plus de personnes qui se sont appropriées ce dossier, il est bien évident que l'aléa est de plus en plus fort !!!!

A tel point que le conseil d'État a lui même défini le danger comme inacceptable, obligeant par cette décision le gouvernement a fermé l'océan à l'île de la Réunion.

Aurait-on pu éviter la situation actuelle ?

  • En tant que spécialistes, ils sont les premiers à savoir que la réunion se caractérise par un biotope incroyablement propice au développement des requins côtiers dangereux bouledogue et tigre.
  • En tant que spécialiste, il savait pertinemment que depuis 14 ans, la pêche de ce poisson avait totalement décliné sur nos côtes, à un point tel que cette pratique a totalement disparu à la fin des années 2000. (Plus personne ne pêche de requin à l'île de la réunion, alors que plusieurs dizaines de pêcheurs réguliers de ce poisson oeuvraient sur nos côtes auparavant. C'est le statut de nouveau totem des océans associés au scandale du chien appât en 2005 qui ont conduit à l'arrêt de cette pression de pêche)
  • En tant que spécialiste, ils ne pouvaient pas ignorer que consécutivement à cet arrêt, la population de ces poissons dominants s'est largement développée, et à recoloniser la zone balnéaire au profit d'une réserve marine qui avait a depuis 2007 toutes les pratiques humaines, qui contribuaient à exercer une pression territoriale auparavant.
  • En tant que spécialiste, ils ne peuvent pas continuer à nier l'évidence d'une prolifération de prédateur côtier dangereux, et pourtant, ils ne veulent pas bouger de ce positionnement car ils n'ont pas de "preuves scientifiques"...sic
  • actuellement, tous les projets sur la table sont soumis à une " caution scientifique", or, aucun scientifique français ou international ne validera des mesures de réduction du risque qui toucheront l'aléa.

Hélas, tant que l'on ne touchera pas à l'aléa, il est impossible de rouvrir l'océan à l'île de la Réunion.Voila pourquoi nous sommes dans l'impasse la plus TOTALE !!!!

Tout le monde en est conscient, même l'état...mais personne n'ose aller à l'encontre de la "science", alors que pourtant, ne vous y tromper pas, il ne s'agit là aucunement d'une démarche science mais d'une démarche purement BIOCENTRIQUE (= IDEOLOGIQUE) !!!!!!!

 photo : extrait de l'étude de Saint-Pierre de 2007... l'importance de mesures concernant l'aléa pour réduire le risque est clairement établi, et ne pouvait pas être ignoré par nos scientifiques

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