Notre PRINCIPALE AMBITION au cours de ces 4 ans de lutte est QUE NOTRE ILE SORTE DE CETTE CRISE LA TÊTE HAUTE :

- en retrouvant le fantastique outil de rayonnement international que constituent les activités nautiques, dans le cadre d'une valorisation de notre patrimoine côtier exceptionnel.

- ET en devenant SIMULTANÉMENT UN MODÈLE DE RÉUSSITE et d'innovation en matière de gestion du risque requin, pouvant servir d'exemple à d'autres endroits de la planète confrontés à ce fléau.

Ces 2 enjeux majeurs doivent désormais fédérer tant les institutions que l'opinion.

 Il fallait avant tout AIMER LA MER ET SURTOUT AIMER L'ILE DE LA RÉUNION pour réunir la force et le courage nécessaire pour faire avancer un tel projet dans l'adversité. Il s'agit, quoi qu'on en dise, probablement un des plus grands chantiers économique, social et humain de ce début du XXIe siècle pour notre île.

C'est l'idée que nous défendons depuis le début à chacune de nos prises de parole, encore ce vendredi 13 février 2015 à la fin de cette intervention radio

 

  Les annonces et les positionnements tenus ce jeudi 12 février 2015 constitue l'aboutissement direct du combat de centaines, de milliers de personnes qui se sont battus, au grand jour ou dans l'ombre, le plus souvent aux côtés des associations de prévention depuis quatre ans.

Nous remercions sincèrement toutes ces personnes pour leur détermination et leur soutien.

Rien de tout cela n'aurait pu être possible sans la nouvelle donne politique de mars 2014, la détermination du député-maire de St Leu, ainsi que la courageuse action en justice de la sœur d'une victime.

Rien de tout cela n'aurait pu être possible sans ces vies humaines sacrifiées.

Rien de tout cela n'aurait pu être possible sans la constitution d'une opposition au dogmatisme scientifique autour des océans, aveuglé par les logiques de conservation, bien plus souvent au service d'intérêts géopolitiques que de la nature elle-même.

 A situation et risque exceptionnel, nous nous devions d'apporter une réponse exceptionnelle.

Ce qui est en train de se passer à l'île de la Réunion est UNIQUE AU MONDE : aucun pays jusqu'à présent n'avait investi autant d'énergie de moyens et de réflexions et en si peu de temps dans l'élaboration d'un programme GLOBAL de réduction du risque requin.

 Notre programme compile pas moins de 10 vecteurs de réduction du risque (!!!!!!) alors que certaines régions n'en utilisent qu'un seul (et au mieux 4 voir 5) :

1- la prévention par l'éducation et l'information (par exemple seule cette méthode est utilisée pour la Floride, région la plus exposée aux attaques-mais de faible gravité-)

 2- la surveillance des zones à protéger par caméras immergées, par surveillance depuis la plage, depuis des embarcations, voire aérienne (seul l'Australie surveille ponctuellement par les airs, et la région du Cap en Afrique du Sud à l'aide de vigie placée sur les montagnes).  L'association PRR a également développé un programme dédié à ce niveau avec le déploiement de "médiateurs de surveillance et de prévention" en partenariat avec la commune de Saint-Paul. Ce dispositif est également le seul existant sous cette forme à notre connaissance.

3- la surveillance immergée, le système des vigies sous-marins (même si il reste très coûteux avec un public restreint et utilisable qu'en zone corallienne, il est unique au monde)

4- des systèmes de lignes de pêche avec hameçons appâtées (drum lines) visant à capturer de façon localisée des espèces ciblées dangereuses (utilisé en Afrique du Sud et en Australie), avec une innovation UNIQUE au monde, la SMART DRUMLINE, permettant d'intervenir en temps réel et de relâcher vivant les espèces non dangereuses.

5- des barrières ou filets rigides non létaux, couplés à des répulsions électriques ou magnétiques (aucun pays n'a pour l'instant encore fait aboutir une expérimentation de ce genre de dispositif. A la Réunion, c'est pas moins de deux ou trois systèmes innovants distincts qui seront expérimentés simultanément par trois villes différentes au cours de l'année 2015)

6- la création d'un centre de gestion et de ressources  avec en première phase un budget de 8 millions d'euros pour cinq ans. Ce type de structure est indispensable pour coordonner efficacement tout cet ensemble et en assurer la pérennité (seule l'Afrique du Sud possède une structure de ce type et dont l'efficacité en la matière constitue une référence mondiale, le Natal Shark Board)

7- un principe de capture au large à l'aide de palangres de fond, contribuant de façon modeste au maintien d'une pression de pêche, sur ces prédateurs. Certaines requins captures réalisées dans ce cadre, pourront sous condition d'espèces et de tailles, être marqués et relâchés pour alimenter les recherches scientifiques (seul la région de Recife au Brésil utilise un système de palangres dans le cadre de la réduction du risque. mais ce système basée sur le déplacement des squales relâchés vivants, plus au large, a fait état de sa grande inefficacité, puisque le rythme et la gravité des attaques n'ont pas faibli, au point de conduire au maintien d'une interdiction d'activités nautiques et de baignade en vigueur près de 20 ans)

8- la poursuite des programmes scientifiques (principale "non-réponse" à la réduction du risque mise en œuvre un peu partout sur la planète) :
- basés sur l'analyse des animaux morts, sources incontournables de données primordiales pour mieux comprendre ces poissons.
- basés sur le marquage et le suivi de squales, sous conditions : il n'est plus acceptable pour tout le monde désormais que des prédateurs marins dangereux de 3 m soient marqués et relâchés devant nos plages. C'est l'aboutissement de trois ans de lutte et d'opposition à des expérimentations grandeur nature avec cobaye humain.

-9 un arrêté officiel de "capture après attaque", en vigueur depuis 2013, et auquel nous avons collaboré de façon étroite. (Même si il s'agit à ce niveau d'une action a posteriori, cette démarche entre dans le cadre de la réduction des risques futurs. Nous sommes le seul pays de la planète à avoir encadrée cette pratique par un texte de loi. Ce principe de captures après attaque existe en Australie, mais mais ne repose sur aucun cadre juridique et donc n'est pas mis en œuvre systématiquement, contrairement à ici)

 10- le soutien à la pêche traditionnelle et à la consommation des requins côtiers (simple bon sens utilisé avec grand succès aux Seychelles, et également dans l'ensemble des pays émergeant ou en voie de développement qui de ce fait non pas à gérer de crise requin puisque les requins se tiennent à bonne distance des zones d'activités humaines)
 l'État a accepté le principe de valorisation des actions des petits pêcheurs qui contribuent à la réduction du risque en capturant régulièrement des requins principalement depuis la plage.
 S'agissant de la consommation, la chair des requins côtiers reste interdits à la commercialisation, mais parfaitement autorisé à la consommation.  il conviendra pour nous d'accompagner cette tradition au maximum car elle constitue une méthode économique, écologique (pas de gaspillage) et efficace.

 

A tout cela peut s'ajouter de façon ponctuelle des dispositifs individuels sous la forme de répulsifs magnétiques portatifs ou intégrés dans les planches, ainsi que des motifs zébrées dessinés sur les planches voir les combinaisons susceptibles d'intimider les squales.

 Par ailleurs, nous sommes le seul endroit au monde qui possède pas moins de 4 associations œuvrant pour la réduction du risque d'attaque, et le soutien aux familles et survivants, avec dans un l'ordre d'apparition : OPR, PRR, PNE, SOS.
 Preuve s'il en fallait encore une, de l'important travail bénévole des acteurs du terrain dans l'avancement de ce dossier.

N'oublions pas également que nous sommes le seul endroit à avoir mis en place un programme de valorisation des requins morts (capturés dans le cadre de la prévention) dépassant les simples analyses scientifiques : en Australie les requins morts dans ce cadre sont jetés au large, et en Afrique du Sud, ils sont brûlés. même si ce volet reste particulièrement tabou, les pistes d'exploitation artisanale, ainsi que l'utilisation des carcasses pour l'alimentation animale voir la production d'engrais bio sont à l'étude.

 

 Le rôle et l'évolution de la réserve marine dans ce plan global ne doit pas être oublié Celle-ci va devoir assumer véritablement le danger bouledogue en son sein, en autorisant le déploiement des dispositifs de sécurité, mais auss di la pêche professionnelle et plaisancière, ciblée sur ces squales dangereux.

 C'est la réserve marine qui s'est installée au cœur de la zone balnéaire et non pas la zone balnéaire qui s'est installée au cœur de la réserve. C'est donc à elle de s'adapter et de remédier dans la mesure de ses moyens à une situation actuelle à laquelle elle a contribué directement ou indirectement.

Bien évidemment dans ce cadre, nous n'avons pas non plus abandonné l'idée d'une réoccupation de la colonne d'eau par des d'activités nautiques passant par un assouplissement de la réglementation de la réserve marine. Cette réappropriation territorial des petits zones concernées par les enjeux humains est indispensable tant pour maintenir à distance les prédateurs, que pour obtenir des informations sur la présence éventuelle de requins au comportement inhabituel, potentiellement dangereux, dans la zone.

 

Bien sûr, certains diront que "c'est insuffisant" et d'autres diront "il ne faut pas tuer le moindre requin" ou encore "la réserve c'est sacré"
 Mais tous seront bien obligés d'admettre tôt ou tard la qualité et la nécessité de ce travail remarquable qui aura mobilisé la totalité des acteurs, plus que jamais resserré les liens de notre communauté, et créé des amitiés fortes et durables jusqu'à l'international... car rien n'est plus solide que des liens qui auront vu le jour sur fond d'événements tragiques, dans les larmes et la douleur.

 Nous ne devons pas non plus faire preuve de naïveté : d'autres attaques sont inévitables dans le contexte actuel de surpopulation, mais il est évident qu'avec ce plan global, elles ne pourront être que MOINDRE...
Et c'est exactement l'objectif de l'ensemble des acteurs de la prévention : TENDRE VERS UN RISQUE ACCEPTABLE, car personne, strictement personne, ne pourra prétendre au risque zéro dans un milieu ouvert comme l'océan.
N'oublions pas que nous sommes face à une obligation de moyens, faire c'est toujours mieux que de ne rien faire.


 La prochaine étape c'est que le modèle réunionnais puisse aider nos amis brésiliens de RECIFE qui sont dans une situation catastrophique car là-bas, malgré 20 ans d'échec, la réduction du risque est toujours assujettie à des illusoires "résultats scientifiques"...

 Et notre modèle pourrait également inspirer nos amis australiens entrés depuis 2014 dans la tourmente, avec une montée en puissance des activistes agitateurs d'opinion, qui ont réussi à instrumentaliser la sensibilité écologique présente au fond de chaque individu pour la transformer en anti-humanisme.

 

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