Cela fait déjà un petit moment que les scientifiques ont entrepris de justifier la protection de la nature à partir de l'alarmisme autour du réchauffement planétaire.

 Mais l'inverse serait aussi vrai selon eux : une nouvelle étude surprenante du très sérieux magazine scientifique US "Nature" pourrait conduire à convaincre l'opinion cette fois-ci qu'une partie du réchauffement climatique dépendre directement de... la pêche de quelques requins dangereux!

 Et immédiatement, certains médias complices (et désireux d'entretenir une situation d'une crise qui génère des polémiques juteuses en termes d'audimat) s'engouffrent dans cette nouvelle voie : http://www.abc.net.au/news/2015-09-29/sharks-and-other-predators-help-prevent-climate-change/6813042

 En même temps, plus rien ne nous étonne dans la frénésie des scientifiques pour justifier de leur position sans concession vis-à-vis de la protection des requins.

Nous avions déjà analysé il y a quelque temps l'instrumentalisation de la protection des océans via l'alarmisme autour du réchauffement climatique :

«Alors que hausse du climat devait être de 2° à la fin du siècle (comme prévu initialement), les prévisions passées à 3 à 5° ce qui constituera un véritable bouleversement planétaire. La situation est d'autant plus inquiétante, que le réchauffement déjà en cours entraînerait des modifications qui contribuent en retour à accélérer ce processus, rendant la prévision du rythme des changements climatiques encore plus incertain. Toutes les analyses tendent à montrer que le modèle de développement de nos civilisations modernes a atteint sa limite.

Comment finalement peut-on arriver à avoir l’impression que la problématique des attaques de requins à la Réunion s’oppose frontalement à une telle logique ?

 Tout simplement par ce notre crise est présentée et perçue comme s’attaquant à la protection des requins et aux réserves, devenue les nouveaux symboles de la survie de l’humanité. Il est bien plus facile de concentrer ses efforts sur les océans1, présentés désormais en temps que « dernier rempart » contre le réchauffement de la planète à travers son rôle dans la captation du carbone et la production d’oxygène. Notre tentative de préservation des activités nautiques, à travers la mort de quelques prédateurs tombe finalement à point et nous amène à endosser le statut de bouc émissaire. A travers les nombreuses réactions constatées, c’est comme si nous étions devenus le symbole d'une atteinte « de trop » à la nature, dans laquelle va s’engouffrer toute une mouvance « vert foncé », et nous plaçant en passant en tant « qu’ennemi de la société tout entière ».

 C'est bien plus facile d’œuvrer pour la protection, même symbolique, de quelques prédateurs et de quelques récifs coralliens, plutôt que de lutter contre le développement industriel et les véritables fléaux modernes associés que sont les émissions polluantes et la surconsommation outrancière des ressources de la planète.

  Ce sont là pourtant les principaux enjeux, face auxquels notre société semble totalement impuissante. Et c'est peut-être ce sentiment d'impuissance face aux réelles causes de destruction de la planète, qui renforce les convictions de ceux qui tentent de se donner bonne conscience en prenant la défense de telle ou telle cause où l'intérêt de la nature semble être en jeu ?

 Et personne ne semble comprendre que ces combats autour d’enjeux anecdotiques tels que la préservation de trois poissons ou du nautisme dans une île perdue au bout du monde, s’apparente à un cirque médiatique constituant en quelque sorte une diversion non sans conséquences, puisque faisant oublier les véritables problèmes, ceux ci continuent de s’aggraver sans susciter une émotion aussi significative".

 Nous avions également déjà dénoncé le fondement idéologique d'une protection des prédateurs et donc les requins, en tant qu'un des "moyens pour lutter contre le réchauffement climatique". (nous ne contestons pas le bien-fondé de la protection des prédateurs, à condition que celle-ci s'exerce avec discernement, c'est-à-dire à une distance suffisantes des zones d'activités humaines)

Et s'agissant plus précisément des requins, nous avions déjà écrit ceci il y a deux ans :

"On trouve à ce niveau des éléments de réponse pour tous ceux qui s’interrogent pourquoi il est difficile de faire accepter de la régulation d’une espèce de requin dangereuse alors que la plupart des autres espèces se régulent sans scrupules partout dans le monde. Les requins sont devenus une sorte « d’animal-marabout » à qui on confère toutes sortes de vertu, et la toute dernière n’est pas des moindres puisqu’elle intègre un effet dans la lutte contre le réchauffement climatique.
 C’est ainsi que une étude récente indiquera que préservation des requins tigres et bouledogues en Floride permettrait de préserver les herbiers sous-marins en maintenant à distances les herbivores marins, les tortues vertes et les dugongs. Cette étude laisse envisager un le rôle des requins dans la lutte contre le réchauffement climatique, puisque ces mêmes herbiers sont susceptibles de capturer le carbone2. On trouve même une résolution3 d’un sommet environnemental qui explique comment les requins participent au maintien du climat.

 Une autre étude récente, réalisée par « l'Institut Océanographique Australien » (AIMS) financé par PEW, paru en septembre 2013 dans la revue scientifique renommée « Plus One » vous expliquera la préservation des populations  des requins permet, toujours par un jeu subtil de réaction en chaîne, de préserver les coraux 4, dont le développement et la bonne santé est présenté en tant que rempart naturel à la montée des eaux, en plus eux également d’être susceptible d’absorber le carbone".

 Vous l'aurez bien compris la Grande diversion vis-à-vis des responsabilités des pollueurs notoires de la planète tourne à plein régime : "save the shark save the world" et cela quel qu'en soit le coût économique social et humain

 

1) il existe d’innombrables publications permettant de comprendre les liens entre climat et océans : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2297_oceans_climat.php ou encore http://oceans.taraexpeditions.org/m/environnement/ocean-climat-arctique/la-plateforme-ocean-climat-2015-appelle-a-lurgence-dintegrer-locean-dans-les-negociations-climatiques/

2) Ces théories ont été développé au sujet de la zone de « shark bay » en Floride par exemple http://news.fiu.edu/2013/06/fear-of-sharks-helps-preserve-balance-in-the-worlds-oceans/63078 et
http://www.news.uwa.edu.au/201108223834/business-and-industry/shark-bay-seagrass-potentially-8-billion-carbon-sink


3
)http://www.wild.org/blog/resolution-27-sharks-the-world%C2%B4s-climate-preserver/

4) http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/24/pourquoi-la-surpeche-des-requins-menace-les-coraux_3483594_3244.html l’AIMS a produit également une célèbre étude visant à prouver l’intérêt de la conservation sur la pêche à partir des bénéfices du tourisme lié à la plongée, et qui indique que « un requin vivant vaut plus qu’un requin mort » 

 

 

Photo : un exemple de photo utilisée à des fins de manipulation autour du réchauffement planétaire, et qui utilise la sensiblerie de l'opinion au sort des prédateurs emblématiques

 

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