Mercredi prochain, 10 février 2016, se déroulera à Saint-Denis le C4R, la grande messe annuelle du risque requin en présence du préfet, du président de région, des maires, députés, et des plus hauts représentants de l'ensemble des institutions de l'île.
 
Nul doute qu'après 5 ans de crise requin, démarré le 19 février 2011 cette réunion sera sous le signe de l'optimisme, dans la lignée de la sécurisation récente des 2 plages les plus populaires de l'île.
 
Nul doute que toutes les autorités et institutions se féliciteront d'une "gestion exemplaire"… Sans la moindre pensée pour toute une économie balnéaire longtemps sinistrée, ou encore les personnes mutilées ou décédées... de peur de voir leurs responsabilités émerger à l'évocation du passé ?
 
En attendant, notre rôle en tant qu'association de prévention sera d'obliger les autorités à reconnaître publiquement le caractère "d'intérêt général" de la lutte que nous avons engagée depuis cinq ans :
Depuis juin 2014, nous avons exhorté les autorités à légitimer la politique publique engagée vis-à-vis du risque requin, car ces millions d'euros investis continuaient d'être considérés comme de l'argent gaspillé pour "une poignée de privilégiés blondinets de zoreiland".
cette situation demeurait (et demeure encore) extrêmement inquiétante car chaque attaque suscitait un véritable déchaînement de l'opinion envers notre communauté, sur fond de glissement ethnique savamment entretenue, car source de division... et de diversion.
 
En fait, jamais depuis 2011, le combat que nous avons engagé n'avait été véritablement reconnu à sa juste valeur c'est-à-dire au niveau du bien commun pour l'ensemble de l'île de la Réunion.
Personne au cours de cette période, ni média ni politique n'avait eu le courage d'affirmer durablement haut et fort une situation inacceptable, tant la puissance de frappe médiatique des escrologistes avait rendu notre cause "politiquement incorrecte".
 
Or depuis décembre, les dizaines de milliers de personnes qui se sont rués pour profiter de la plage de Boucan Canot retrouvée constitue l'expression évidente et incontournable d'un ATTACHEMENT PROFOND d'une bonne part de la population à l'océan.
 
Et cela sans compter sur le dynamisme économique retrouvée d'une zone balnéaire... qui n'en avait plus l'air.
 
Reste que dans une société créole dont plus de la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté, qui n'a pas de fait les moyens d'aller à la plage, et qui bien souvent ne sait pas nager, il restera toujours des agitateurs qui tenteront de réduire ces plages bondées au symbole d'un néocolonialisme, que seuls les requins seraient susceptibles d'attaquer.
 
Jean François Nativel
Secrétaire de l'Association Océan Prévention
Auteur du livre "Requins à la Réunion, une tragédie moderne"
 
 
 
NB : Hier, nous avons échangé avec le secrétaire général d'une des plus grandes fédérations d'entreprises de la Réunion, qui nous a annoncé une situation économique catastrophique (maintenu sous silence, et au bord de l'implosion). Il était sidéré par l'attentisme dont témoignait le piétinement de ce dossier, et partageait totalement avec nous l'idée d'une dépréciation majeure de notre territoire directement lié à la crise requin... qui a conduit à refroidir sérieusement les velléités des futurs investisseurs métropolitains ces dernières années.
 
 
 

Commentaires   

 
-1 #1 Noèla Art 07-02-2016 13:09
Oui, bien jolie cette photo du retour à la plage des Réunionnais... Aujourd'hui DIMANCHE, c'est redevenu bien triste et VIDE, "sans les filets".. On se demande bien, "où sont ils passé ?"
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