A Mr Bielen Directeur du Centre de Ressources et d'Appui aux risques requins (CRA)

 Notre association a été parmi les premières, dès 2013, à défendre le principe de la création d'une structure dédiée à la gestion du risque requin.

Force est de constater qu’un an après sa création, le CRA apparaît, aux yeux d’un nombre grandissant de personnes, comme une coquille vide au service de l’acceptation de la fermeture définitive de l’océan à l’île de la Réunion. Une énième structure administrative pilotée par l’État, mais en aucun cas une instance au service de la résolution de la crise requin.

  Nous avons eu espoir qu’il y aurait des réunions de concertations régulières :

- à part 2 assemblées générales formelles en 2016

- et 2 autre réunions pour parler des tests hasardeux et extrêmement onéreux autour de dispositifs innovants, dont l’avenir est plus que jamais hypothéqué.

  A part cela, il n’y aura rien eu ! Pourtant dans le projet initial du CRA, il s’agissait d’une structure de concertation collégiale.

 Pourquoi une assemblée générale qui devait avoir lieu le 14 avril 2017, a fini par être reportée pour raison d’indisponibilité d’une personnalité, selon vos propres termes, pour finalement disparaître totalement du calendrier ?

 Depuis le début de l’année 2017, nous avons tenté à plusieurs reprises de vous alerter sur la nécessité de prendre en compte et de gérer les attaques calomnieuses incessantes envers la politique publique menée et notre communauté qui est, ne l’oubliez jamais, victime, avant d’être coupable. A cela vous nous aviez répondu que vous étiez trop occupé par la mise en place de cette structure, et que vous comptiez sur l’embauche d’un chargé de communication.

 Nous avons donc patienté jusqu’au recrutement d’un chargé de communication en mai 2017.

 Nous avons eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises avec ce chargé de communication, entre mai 2017 et aout 2017, pour l’alerter sur de nombreux articles avec des propos erronés, mensongers ajoutant de la confusion dans le débat, en renforçant les représentations négatives à l’encontre de la politique menée à l’île de la Réunion, et pire encore qui incitaient à la haine envers les familles, les victimes, et les acteurs qui la mettent en œuvre (dont l’Etat lui-même).

 Ceci notamment dans le cadre d’un article de libération, un autre de Médiapart, mais aussi dans le cadre de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, et auxquelles votre structure aurait pu apporter une réponse claire et objective.

 Nous avions également attiré votre attention sur le grand danger que représentait la consultation publique virtuelle qui risquerait de nous desservir, puisque nous ne faisons pas le poids face aux méga-organisations métropolitaines de protection des requins bouledogue.

 Vous m’avez juste fait état de votre impuissance, sans aucune autre réaction, et conformément à nos mises en garde, nous avons été écrabouillés.

 A chaque fois, il n’y aura eu aucune communication de la part du CRA, parce que vous avez estimez que ce n’était pas nécessaire.

 Mais quand donc estimerez-vous nécessaire de prendre les responsabilités qui sont les vôtres, c’est-à-dire de légitimer définitivement la politique préventive menée, afin de discréditer définitivement cette part virulente, raciste, animaliste, de l’opinion qui encore en août 2017 hurle impunément tous les jours que l’océan n’est pas notre milieu, et que la crise ne concerne qu’une poignée de blondinets zoreils irrespectueux des règles ?

 Le temps est notre ennemi, après trois années d’études scientifiques qui n’ont strictement rien donné en termes de gouvernance, après trois années d’expérimentation de dispositifs qui se révèlent extrêmement onéreux, largement insuffisants voire catastrophiques, comment pouvez-vous encore vous contenter de concentrer l’action du CRA uniquement et encore dans des dispositifs innovants ?

 Est-ce votre méconnaissance du dossier qui est immense, ou s’agit-il de votre philosophie personnelle ? Si nous ne vous connaissions pas, nous finirions par penser que vous faites œuvre de complaisance envers les opposants à la résolution de la crise requin.

 Pourquoi lors de l’énième dernière campagne de calomnie lancée début août 2017, accompagnée d’une pétition, lancée par nos opposants, mettant ouvertement en cause la politique publique engagée, vous n’avez toujours pas réagi ?

 Pourquoi est-ce que se sont que les associations de préventions locales, qui ont répondu alors qu’elles ne sont même pas attaquées dans cette action ? Jusqu’à quand allez-vous laisser un tel boulevard à nos opposants, en laissant notre communauté seule en pâture ?

 Je ne doute pas que vous soyez très occupés à monter des dossiers, à rencontrer les acteurs ou encore à réfléchir. Mais je pense qu’il serait également légitime pour les membres du CRA et les citoyens de savoir précisément à quoi servi les centaines de milliers d’euros investis jusqu’à présent, et en quoi ont-ils permis de faire évoluer les choses depuis un an ?

 Pourriez-vous communiquer un bilan de vos actions de communication depuis un an ? Ainsi qu’un bilan de l’ensemble de vos actions et interventions ? Faudra-t-il demander un audit ?

 Nous apprenons avec grand étonnement que vous envisagez maintenant de partir faire un tour en Afrique du Sud. Nous imaginons que c’est pour acquérir des connaissances dans ce dossier ?

 Ne savez-vous pas que le responsable de la prévention là-bas Jérémy Cliff est déjà venu trois fois et qu’il a travaillé déjà étroitement avec des acteurs locaux ici depuis 2013 ?

  Voici pour information son avis : « nous sommes face à une énorme population de requins bouledogue avec laquelle il est impossible de cohabiter, et notre seul salut passe par l’engagement d’une régulation significative ». L’ancien préfet lui-même a fait ce même voyage il y a deux ans. Pourquoi faire puisqu’il n’en aura rien retenu en termes d’action ?

  Dans ces conditions, quel est le but de ce voyage ? A-t-il été validé par le conseil d’administration ? Cette démarche a-t-elle fait l’objet d’une information aux membres du CRA ?

 Si c’est pour que vous puissiez vous inspirer d’une méthode qui marche, c’est-à-dire des filets maillants associés à des drums line déployés 24/24, alors, OUI ce voyage est justifié.

 OUI également si c’est pour vous inspirer d’un des derniers propos publics de Jéremy Cliff : « Durban beachfront suffered 21 shark attacks with seven fatal between 1942 and 1951 (…) Sharks net were installed in 1952. In the 63 ensuing years, there has not been a signicant shark-inflicted injury at any of the beaches protected by shark nets in Durban ».The Herald (South Africa) 9 feb 2016. Lien http://www.pressreader.com/south-africa/the-herald-south-africa/20160209/281560879837183

 Mais si c’est juste pour repartir de zéro et tenter de « comprendre » la crise requin, alors je vous conseille d’arrêter tout avant de conduire notre situation encore plus dans l’ornière.

 Vous êtes probablement un très bon ingénieur, pour travailler sur des dossiers, mais là nous sommes face à une grave crise qui met en péril des vies humaines toute une économie, mais aussi l’unité et l’avenir de l’île tout entière. La maison brûle et vous regardez ailleurs.

 Nous n’arrivons plus à comprendre toutes ces réticences, conduisant à des relations de plus en plus tendues avec plusieurs des acteurs du risque requin, et même des élus.

Notre association ne veut plus être complice de cette situation.

Aujourd’hui, nous enterrons avec cette lettre nos derniers espoirs dans votre gouvernance en nous désengageant de la structure que vous dirigez.

 Nous ne manquerons pas de poursuivre nos actions en faveur non pas de la gestion, mais bien de la résolution du risque requin.

 Jean-François Nativel Secrétaire de l’association Océan Prévention Réunion St Paul le 23 aout 2017

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