On compte 4 morts de plus depuis la création du Centre de Ressources et d’Appui au risque requin (CRA) en 2016, et déjà 4 millions € dépensés, en pêche, en salaire et surtout en expérimentations.

 Que sont devenus les 3 filets testés en 2018 à Boucan Canot, ou encore celui de Saint-Paul, dont les résultats auraient dû être livrés en août 2019 ? Où en est la sécurisation annoncée en 2018 à Trois bassins ? Et le projet à Saint-Leu pourtant prévu pour 2018 ?

 Quant aux gadgets électroniques, nos hauts fonctionnaires de passage devraient les tester sur leurs propres enfants avant de suggérer que cela suffirait pour protéger les nôtres.

 La réalité en octobre 2019, c’est qu’il n’y a toujours aucune avancée digne de ce nom. Le dispositif vigie, à 650 000 € par an, ne touche plus que de rares licenciés. Tout le monde surfe désormais en dehors, sans protection, du fait de l’absence d’espaces sécurisés surveillés ou aménagés.

 Toujours aucune action de communication réaliste malgré un poste dédié depuis 2017, alors que nous sommes dans un contexte extrêmement clivant, pris en étau entre des dérives ethniques (localement), et des excès idéologiques autour de la protection des océans ou encore d’une revendication d’égalité homme-animal. C’est d’ailleurs dans un souci d’apaisement que nous réclamons depuis 6 ans un programme éducatif à l’attention des jeunes réunionnais, afin de leur faire comprendre que l’accès à la mer est essentiel. Mais contre toute attente, ce volet vient d’être accaparé par les biologistes marins, bien plus sensibles au sort des poissons qu’à celui des Réunionnais. Vont-ils tenter de produire, une fois encore, un outil au service de l’acceptation définitive de notre situation ? Autour d’un déni du « risque » requin, à grands renforts de poncifs tels que « la place des requins c’est dans la mer », et « celle des « vrais » Réunionnais, c’est sur le sable » ?

 Aujourd’hui les autorités nous livrent encore des promesses, alors même que celles de campagne d’Emmanuel Macron en avril 2017 ont toutes été bafouées : toujours aucune évolution de la commercialisation, ni de la réserve marine, ou encore de l’intensification de de pêche.

 Il n’est toujours pas possible en octobre 2019 de pêcher là où il faudrait, et avec une intensité et des méthodes adaptées à notre risque démesuré. Il faut dire que là-aussi, la mainmise des biologistes a conduit à déployer une pêche bien plus à des fins de connaissances scientifiques, que de prévention.

  Au-delà de l’affichage actuel d’une politique présentée comme « concertée avec les associations », force est de constater que nous sommes à chaque fois mis devant des décisions prises sans nous, souvent en dépit du bon sens et de toute raison, sans aucune possibilité d’y changer quoi que ce soit. Nous ne sommes pas là pour servir d’alibi, de caution, et encore moins être complices d’orientations désastreuses.

 Le choix du nouveau directeur, ancien chef de la sécurité pour Saint-Paul, nous inquiète également. Dans sa précédente fonction, il n’a pas manqué d’exprimer son grand mépris envers le risque requin et ceux qui aiment l’océan. Comment celui que beaucoup considèrent comme le principal responsable de l’échec de la sécurisation sur cette commune balnéaire peut-il finir, en fanfare, directeur de cette structure ? Après avoir compromis durablement l’accès large aux plages de Saint-Paul, la crainte qu’il fasse de même pour le reste de l’île est dans tous les esprits.

 Un changement de nom, une transformation en GIP ne suffiront pas pour espérer une meilleure efficacité, gage de légitimité, et au vu de la situation actuelle, le bilan en 2022 ne s’annonce pas mieux. Nous avons soutenu en 2016 la création d’un organisme pour régler le problème requin, et non un outil lourd, coûteux, inefficace bien plus au service des autorités… que des réunionnais.

 

 Collectif des associations de prévention et des familles de victimes (Association Océan Prévention Réunion (OPR), Association Elio Canestri, Association Protégeons Nos Enfants (PNE), Association Vérité et Responsabilités sur les attaques de Requins (VRR) Association Sécurisation Prévention Ocean Tansalé (SPOT), Association Planète Bleue Saint-Benoît (PBSB), Association Sports Industries Réunion (ASIR),
Collectif Citoyen Handicap, Collectif des familles des victimes de la crise requin, Collectif rend a nou la mer rend à nou la Réunion, Collectif des femmes en rose)

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